Preview de Deus Ex: Mankind Divided

Embarqué à la dernière minute pour une journée pré-E3 organisée par Square Enix en compagnie d’une centaine de journalistes européens, j’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines, de poser mes mains sur la dernière démo jouable de Deus Ex: Mankind Divided ainsi que son mode Breach fraîchement annoncé. Si l’équipe de développement ne cache pas sa fatigue, elle se dit particulièrement fière du travail accompli sur le nouveau segment de ce qu’elle appelle désormais le Deus Ex Universe, un large projet transmédia agrémenté de comics, d’expériences en réalité virtuelle, mais aussi de collaborations avec l’industrie de prothèses bioniques. Il faut dire que le passage à cette nouvelle génération de consoles s’est fait dans la douleur : quelques mois de développement supplémentaires ont été nécessaires pour boucler l’aventure, dont la sortie est finalement calée au 23 août. Pas de vacances pour Adam Jensen, qui rencaisse dans cette suite plus belle, plus riche et plus sombre que ne l’était Human Revolution.


Si le terme d’« apartheid mécanique » n’a pas été du goût de tous, il cristallise parfaitement l’ambiance pesante qui se dégage de la ville de Prague, l’une des destinations visitées dans ce nouvel épisode et mise à l’honneur dans les dernières présentations. Forces de l’ordre à chaque coin de rue et files distinctes à l’entrée du métro : les augmentés ne sont plus les bienvenus dans la capitale tchèque. Si les développeurs affirment avoir retravaillé l’approche létale et imprudente de chaque mission, Adam devra une fois de plus faire preuve de discrétion pour se frayer un chemin et découvrir les mystères qui entourent une vaste conspiration internationale. C’est d’ailleurs à Dubaï, dans un complexe déjà vu l’année dernière à l’E3, que commence le tout début de l’aventure. Après un court briefing et un didacticiel nécessaire, la mission peut commencer.

Conscient de mes piètres performances lorsqu’il s’agit d’agir dans la précipitation, j’ai intuitivement privilégié une approche prudente et l’usage d’armes à distance. Plus nombreux, les ennemis semblent également bien plus agressifs qu’au chapitre précédent. Il est plus que jamais nécessaire d’observer l’environnement — et d’apprécier au passage le travail remarquable opéré sur le level design — pour atteindre l’objectif sain et sauf. Le nouveau système de couverture se montre à ce propos bien plus efficace qu’auparavant. Une fois adossé contre un mur ou un élément du décor, Adam peut choisir sa prochaine position au moyen d’une trajectoire clairement tracée au sol. Une optimisation bienvenue, qui accentue la sensibilité tactique d’un jeu qui se réclamait déjà de l’école du gameplay. Les augmentations profitent elles aussi d’une nouvelle interface et de quatre accès rapides assignés aux touches directionnelles du pad. Les augmentations de vision sont par exemple d’une aide précieuse pour découvrir les murs vulnérables, puis les passages alternatifs. L’observation est souvent récompensée par de nouveaux accessoires ou des missions secondaires, bien plus nombreuses. Par petites touches, et grâce à une direction artistique toujours franche, Mankind Divided ne révolutionne pas son grand frère, mais s’affirme comme un jeu AAA conçu avec soin, sans précipitation.

L’autre nouveauté présentée à l’E3, c’est Breach, un mode de jeu compétitif inspiré par les VR Missions de Metal Gear Solid, radicalement plus arcade. Le joueur y incarne un hacker infiltré en réalité virtuelle dans les serveurs informatiques de multinationales peu scrupuleuses. L’objectif ? Pirater un maximum de données en un minimum de temps. Avec son design épuré et ses couleurs pop croisant les univers de Mirror’s Edge et Tron, Breach donne une toute nouvelle dimension à un aspect important de la saga Deus Ex : le hacking. Une fois les données récoltées auprès de gigantesques serveurs, le joueur doit déguerpir le plus rapidement possible, en tâchant de contourner ou d’éliminer la sécurité renforcée. Pensé pour le speedrun et la compétition entre potes, ce mode ravira également les collectionneurs, grâce au gain d’expérience, de modificateurs, et de crédits. La cyberguerre ne fait que commencer.

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