Preview de Tomb Raider

Je n’aurais jamais imaginé mettre la main sur un jeu vidéo dans les sous-sols du Musée de la Chasse et de la Nature de Paris. Mardi 27 novembre, Square Enix France y conviait en petit comité la presse et quelques blogs spécialisés pour la présentation des deux premières heures de Tomb Raider, ambitieux reboot toujours en production dans les studios de Crystal Dynamics. Une longue soirée entre quatre murs avec une Lara torturée, pleine de boue, à bout de souffle…


Réinventer la légendaire Lara Croft, voilà un pari risqué pour les développeurs, qui se donnent pour mission de revenir une fois de plus sur quinze ans d’aventures tout en rendant hommage à l’une des icônes du jeu vidéo. Dans cette nouvelle ère, la jeune Croft et ses vingt et un printemps conserve son image d’excitante baroudeuse si souvent fantasmée, qui laisse volontiers des morceaux de peau bien choisis dépasser de ses vêtements serrés et souillés par la glaise. L’archéologue des temps modernes, à la recherche de la flotte perdue de Kublai Khan, n’aura pas que la jungle pour seule ennemie une fois son navire échoué sur une île que l’on suppose déserte. Après avoir brûlé et mutilé son corps pour s’échapper des liens qui la retiennent prisonnière… Après avoir séché ses larmes auprès d’un feu improvisé, récupéré un arc usé, chassé la faune locale pour survivre sur ces terres hostiles et retrouvé deux de ses compères égarés… Ce vulgaire bout de viande rafistolé que l’on appelle « héroïne », encore timide et estomaqué par l’accident, découvrira une armée d’autochtones armés jusqu’au dents et peu enclins à lui venir en aide. Les affronter ou les contourner en traversant des grottes et des refuges naturels gardés par des loups affamés, c’est au joueur de choisir de quelle manière il remplira l’objectif tardivement avoué de ce premier chapitre : diffuser un SOS du haut de l’antenne radio qui surplombe l’archipel. Pendant plus de deux heures, entre progression scriptée, exploration rythmée et cinématiques poignantes, la mise en scène léchée situe ce Tomb Raider haletant et poignant quelque part entre Lost et Uncharted, bien loin des environnements paisibles du premier épisode sorti en 1996.

La survie est probablement le maître mot de cette fatalité soudaine qui s’abat sur une Lara sanglante et écorchée. Elle s’impose bien sûr dans la narration, mais aussi dans les mécaniques de jeu nouvelles comme l’instinct de survie, qui affiche à l’écran les principales interactions possibles et la piste à suivre pour avancer. Cette ambiance apocalyptique prend tout son sens dans cette première partie du jeu avec la recherche du feu, de torches, de viande fraîche et de matériaux nécessaires à la confections et à l’amélioration d’outils et d’armes. On aurait voulu que cette dépendance à l’environnement soit intimement liée à la santé de la demoiselle, malheureusement ces considérations ne serviront que le scénario pendant les premières heures. Car très rapidement, Lara troque son arc en bois contre des armes à feu récupérées sur les mercenaires qui contrôlent et surveillent. Pour s’en défaire, elle dispose d’une panoplie de mouvements furtifs, prises au corps et autres couvertures essentielles lors des assauts frontaux qui se multiplient au cours de la progression. Cette terre aux premiers abords abandonnée se révèle être un danger de tous les instants, où l’exploration et la curiosité nécessaires à la résolution de quêtes annexes sont véritablement synonymes d’angoisse. Même si un puzzle associant logique, tonneaux, torches et cours d’eau mettra à mal vos méninges en début de partie, les énigmes paisibles des premiers jours ne semblent pas être le symbole de ce Tomb Raider résolument orienté action.

Bien sûr, cette réorientation de gameplay impacte directement les autres composantes du jeu que sont la mise en scène et la réalisation générale. Avec le temps, on se rend compte que Tomb Raider: Underworld, déjà très rythmé, n’était qu’un avant-goût. Quand la caméra n’est pas lourdement braquée sur les formes opulentes de l’archéologue, le cadrage offre de nombreuses séquences agréables, laissant la part belle aux fusillades, aux infiltrations et aux escalades inconscientes assez régulières. Le nouveau moteur graphique conçu par Crystal Dynamics est un musée qui abrite des tableaux de plus en plus somptueux et de sublimes jeux de lumières. L’ascension finale de la démonstration, par exemple, s’effectue à plusieurs milliers de mètres d’altitude, sous une neige légère et un soleil radieux. Difficile de résister à l’envie d’admirer les environs l’instant de quelques secondes, dès lors que l’on foule un environnement nouveau. Peut-être est-ce dû à ces mélodies tantôt douces, tantôt oppressantes, qui sont une pure invitation au voyage. Tant de mystères restent à découvrir en mars 2013… Si l’aventure complète offre autant de plaisir que ces premières heures, autant vous prévenir : en compagnie de Lara, le printemps sera délicieux.

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