Test de Batman: Arkham City

En 2010, Batman signait un retour puissant et esthétique sur le marché des jeux vidéo. Batman: Arkham Asylum, une aventure rarement dépréciée, tant Rocksteady y avait mis toute sa passion. Histoire sombre, action éprouvante, gadgets par dizaines, nombreux hommages à l’œuvre originale de Bob Kane… Difficile alors de surprendre avec une suite, se dit-on à l’annonce d’Arkham City. Et pourtant…


Batman est un personnage qui m’a toujours fasciné. Bercé par la série animée dans les années 90, je n’ai renoué que très récemment avec ce héros qui, selon moi, reste le plus intéressant de tout l’univers DC. Alors que Spider-Man et Hulk ont eu raison de mes économies pendant mes études, s’est ouvert à moi un second degré de lecture chez l’homme chauve-souris, celui qui permet aux adultes d’apprécier les aventures de Gotham City sous un angle plus dramatique. Si Bruce Wayne est, aux yeux des enfants, un justicier sympathique branché nouvelles technologies, il est avant-tout le garant d’une ville envahie de sociopathes avides de drogues et de drames  Arkham City en dresse un tableau parfait, en donnant à nouveau le premier rôle au Joker, malade, sans oublier les autres antagonistes névrosés qui hantent les bas-fonds de la ville dans laquelle Wayne a été jeté. Les hommages sont nombreux, flirtant presque avec le fan-service, sans pour autant négliger l’essence même du scénario, plus riche que dans la précédente aventure. Cobblepot, Harvey Dent, Freeze, Bane… autant de vilains sanguinaires qui viennent enrichir le casting déjà sublimé par la présence de Catwoman. Torturés, ces personnages emblématiques contribuent à l’élaboration de cette ambiance sombre, sale et séduisante.

L’homme le plus agile de la grande famille DC est également le plus suréquipé ; aussi sa prise en main aurait pu être catastrophique. Fort heureusement, Arkham City reprend la totalité des mécaniques de son ainé ainsi qu’une jouabilité didactique, intuitive et évolutive, un véritable modèle en la matière. Mais dans une ville où la liberté d’action est désormais quasi-totale, ce gameplay aux petits oignons prend une toute autre ampleur. On se surprend à planer par pur plaisir dans le ciel de Gotham, à la recherche des mystères qui entourent les bas-fonds de la métropole. Que ce soit avec la féline Catwoman ou sous la cape sombre de Batman, de vertigineuses sensations de vitesse s’ajoutent au sentiment de domination qui se dégageait déjà des affrontements. On ne peut pas non plus passer à côté du plaisir de surprendre ses adversaires par derrière, dans l’ombre. L’infiltration prédomine l’action au cours de nombreuses séquences, gonflant ainsi la difficulté du jeu et sa durée de vie. Et si les quinze heures d’aventure ne suffisent pas à combler votre soif de super-pouvoirs, les innombrables défis de l’Homme Mystère et les copieuses quêtes annexes la satisferont aisément après votre victoire contre un boss final malheureusement trop faible pour représenter un véritable challenge.

C’était une crainte légitime : le passage à la formule open world aurait pu ternir la réalisation graphique. Au contraire, la ville est resplendissante, immense, fascinante et en même temps répugnante à souhait. Tout autant que les personnages qui l’habitent, dont le design s’inspire de la bande-dessinée bien sûr, mais aussi des différentes adaptation cinématographiques. Une claque violente et fluide, de quoi brûler la moitié de votre visage. Cette beauté, on la caresse du regard, mais aussi avec les écoutilles. La bande-son très inspirée du travail de Hans Zimmer sait se faire mystérieuse, sombre ou vitaminée. Le doublage français, s’en tire lui aussi avec les honneurs. Comment pourrait-il en être autrement avec des les doubleurs originaux tels qu’Adrien Antoine (Bruce Wayne depuis 2004), Philippe Peythieu (le Pingouin dans Batman Returns), et l’inimitable Pierre Hatet (le Joker) ? Finalement, les années 90 ne sont peut-être pas terminées, et Batman: Arkham City a l’exquise saveur d’un dimanche matin pluvieux devant mon petit écran cathodique.

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