Test de Mario Tennis Open

Voilà dix-sept ans que Mario et ses camarades ont pour la première fois empoigné leur raquette pour initier quelques échanges de balles sur Virtual Boy. Si l’emballage est différent, la recette n’a pas changé et offre toujours des sensations arcades mêlées à l’univers amusant de Nintendo. Pour cette saison, c’est la Nintendo 3DS qui est entre les mains du studio japonais Camelot. De la balle ?


Chaque année, l’approche de Roland Garros ravive la flamme du tennisman très amateur qui brûle au fond de moi. Chaque année, je suis à deux doigts de craquer pour la dernière simulation de tennis en date sur console. Cette année, Nintendo contourne la concurrence directe en proposant Mario Tennis Open, mêlant arcade et délire dans une cartouche riche en vitamine C. Plutôt attractif. Le gameplay s’articule autour de deux configurations : tactile, intuitive mais pas toujours confortable ; et traditionnelle, idéale pour avoir le jeu bien en mains. La mécanique est triviale : à chaque frappe est associé un retour gagnant symbolisé par une couleur correspondant à un coup. En se déplaçant rapidement dans la zone de rebond, sueur au front, et en pressant la touche correspondante sur l’écran tactile, le joueur renvoie la balle avec davantage de force, mettant son adversaire en difficulté. Une recette efficace, mêlant mobilité et réflexes, provoquant des effets et des contre-pieds aussi spectaculaires qu’improbables. Regrettant rapidement l’accès à la touche de sauvetage, les plus sportifs reviendront aux sensations offertes par les boutons, même si la relation entre leur position et leur effet n’est pas très intuitive.

Généreux, Mario Tennis Open offre au joueur la liberté d’expérimenter différents modes. De simples tournois, bien sûr, mais aussi une multitude de jeux annexes amusants, idéaux pour se familiariser avec le système. Le plus agréable d’entre eux est sans doute le mode Super Mario Tennis, dans lequel un panneau mural déroule des mondes inspirés de Super Mario Bros. L’ensemble est assez fourni, il y a de nombreux contenus à débloquer, 190 accessoires notamment, mais… Mais le tour de court est vite fait, si bien que l’absence du mode RPG tant apprécié par le passé se fait rapidement ressentir. On se consolera avec le mode multijoueur local et les fonctionnalités StreetPass toujours au poil chez Nintendo. Avec un peu d’entrainement, les échanges entre amis peuvent devenir féroces. Il est dommage que l’intégralité des fonctions n’ait pas été répercutée dans le mode online, aux parties beaucoup trop courtes pour être passionnées. Heureusement, l’icone Nintendo Network laisse la porte ouverte à d’éventuelles mises à jour.

Qui dit Mario dit couleurs explosives. Évidemment, Mario Tennis Open n’en manque pas. Sans surprise, la réalisation est impeccable, rien ne dépasse, tout est en place. Les coups d’enchaînent avec une fluidité déconcertante. Les personnages sont fins, les effets spéciaux dynamiques, les interfaces efficaces et intuitives. Trop de réussite, c’est agaçant, trouvons donc un reproche à formuler. On se passe vite du gyroscope et de la vue dynamique, assez pénibles, pour apprécier la caméra « classique » rendue encore plus agréable par la profondeur de la 3D stéréoscopique. Les musiques, elles aussi, bénéficient d’un relief pas désagréable. Les mélodies manquent cependant d’un soupçon de désordre, constat que l’on pourrait faire concernant l’ensemble du jeu. Des coquilles rouges folles, des bill balls ravageurs, des goombas sans pitié… quitte à donner dans l’arcade pure, l’univers de la franchise méritait d’être davantage exploité.

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