Test de Guacamelee! Super Turbo Championship Edition

Sombrero sur la tête, burrito dans le bide et tequila à la main, je profite de cette insoutenable canicule pour traverser l’océan et partir à la conquête du monde de Guacamelee!. Sous ses airs de jeu de plates-formes très classique saupoudré d’une bonne dose d’humour déjanté, le petit dernier des studios Drinkbox renferme quelques bonnes idées et, par dessus tout, une bonne dose de challenge. ¡Vamos!


Sans aucun doute, c’est l’ambiance mexicano-castagno-délirante, assez rarement exploitée dans un jeu vidéo de cette trempe, qui fait mouche. L’histoire assez sommaire — le sauvetage d’une jolie princesse capturée par une bande de gringos décérébrés — est emballée dans un univers ravageur muy caliente. Le luchador qui vous sert de héros n’est pas une lumière, loin de là, mais il est suffisamment costaud et inconscient pour tenter de venger El Presidente, tristement seul depuis les évènements survenus lors du Dia de Los Muertos. De Santa Luchita à la Sierra Morena, notre muchacho traverse tout au long de l’aventure des desiertos arides et des cavernas morbides, environnements toujours colorés et fidèles au décor planté dès l’écran-título. Pourtant construit comme une succession de régions gravitant autour d’un hub central, le monde de Guacamelee! ne donne pas l’impression de tourner en rond, et ce grâce à un game design aux petits oignons.

C’est en effet en complétant son arsenal de coups spéciaux — du saut de cabri à la géniale transformation en poulet — que l’on progresse assez logiquement jusqu’au dernier ring. Oui, le ring, la baston, car le noyau dur de Guacamelee!, c’est la lucha, permanente, saupoudrée d’une bonne dose d’adresse. En passant instantanément de la réalité au monde des morts, l’une des nombreuses capacités obtenues au cours du périple, on accède à de nouvelles plates-formes et à d’autres enemigos autrement intouchables. La seconde moitié du jeu repose quasi-exclusivement sur cette mécanique au timing punitif. Et si certains écrans sont un peu confus, au point de passer son chemin à grands coups de roulades, chaque baffe délivrée tout au long des cinq heures de jeu est jouissive. Ajoutez à cela les boucliers ennemis à briser avec des combos précis, et vous obtenez un gameplay exigeant, qui met les nerfs à rude épreuve. Mention spéciale à El Trio nouveau boss rythmé ajouté dans cette Super Turbo Championship Edition, et au boss de fin, au pattern particulièrement crispant. C’est aussi dur qu’une épine de cactus, mais la victoire n’en est que plus belle.

Belle, comme la direction artistique du jeu, exemplaire à tous les points de vue. Formes anguleuses minimalistes, aplats vifs et pimentés, animations vitaminées, mises en scène ridicules pleinement assumées : la patte graphique flashy fait honneur à l’univers loufoque porté par les dialogues complètement estúpidos. On aurait quand même préféré découvrir plus en profondeur les différents personnages, un peu creux au milieu de ce joyeux bordel. Un univers rafraîchissant malgré l’aridité des décors traversés, coloré par une bande-originale locale et loca indiscutablement cool, à vous faire danser la bamba jusqu’au bout de la nuit. Fantástico.

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