Test de Super Mario 3D Land

Les plombiers italiens transformistes ont du succès. Après plus de trente années à courir après les jupons de sa princesse écervelée, le nain en salopette est toujours aussi populaire. Malgré les évolutions importantes survenues au cours de son histoire, les équipes d’Iwata savent injecter quelques doses de nostalgie dans le sang du moustachu. Ce Super Mario 3D Land, première itération du blanc-bec sur Nintendo 3DS, est un véritable hommage aux prémices de la saga. Un vrai délice pour ceux qui, comme moi, ont découvert les jeux vidéo en compagnie de Mario.


Accueillir un nouveau Mario sur son étagère, c’est un petit plaisir que l’on ne se refuse pas. Mais avant de se lancer dans une nouvelle quête, encore faut-il en comprendre le nom. Super Mario Land, paru en 1989 sur Game Boy, est le premier épisode de la série à ne pas avoir été conçu par Shigeru Miyamoto. Outre le scénario cosmique prenant place loin du Royaume Champignon, les mécaniques de jeu ont fait de lui et de ses deux petits frères une mini-saga à part entière. Cette version 3DS serait-elle un remake ? Loin de là. Développée par l’équipe en charge de Super Mario Galaxy dont elle recycle une partie de la jouabilité, la cartouche s’inspire également des autres opus. L’attention est principalement portée autour du troisième épisode et de Super Mario World : on retrouve le séduisant costume de tanuki, quelques décors historiques, de célèbres musiques réarrangées et les inoubliables maisons hantées. Ce pot-pourri ne sent pas le réchauffé, au contraire, il recycle avec a plus grande intelligence les symboles qui ont marqué l’histoire de la série tout en les plongeant dans un univers en trois dimensions charmant.

La Nintendo 3DS doit son succès à ses performances graphiques inédites. Sa 3D sans lunettes est convainquante, mais elle n’a pas encore réellement fait ses preuves tant la ludothèque est encore maigre et de qualité variable sur ce support. Enfin, avec Super Mario 3D Land, Nintendo prouve que cette technologie a du chien et qu’elle n’est pas simple gadget pour amuser ses copains dans la cour de récré. La profondeur de champ est sensationnelle et s’accorde parfaitement avec le level design qui joue malicieusement avec les perspectives. Pour la première fois, je ne peux pas me passer de cette 3D qui me procurait migraines et nausées sur Super Street Fighter IV 3D Edition. Pire, privée d’une partie de son esthétique, l’aventure n’a pas du tout la même saveur en deux dimensions.

La première heure passée sur cette cartouche est extrêmement déconcertante. Les niveaux sont courts et ne représentent aucune difficulté majeure. On accumule les vies et les pièces étoile à la vitesse d’une Bill Balle. Arrivé au château final après bien des épreuves, l’affrontement contre Bowser est épicé, mais pas insurmontable. Aussi amusants qu’ils puissent paraître, ces 8 mondes ressemblent davantage à un échauffement qu’à une véritable épopée. C’était sans compter la sagesse des développeurs qui se sont bien gardé d’évoquer les niveaux spéciaux accessibles après ce premier effort. Courses contre-la-montre, pièges par milliers, objets empoisonnés et clones diaboliques attendent les joueurs dans ces niveaux souterrains qui constituent le véritable challenge de Super Mario 3D Land. Les 1UP emmagasinés pendant la première partie sont en réalité un stock palliant la frustration de chaque échec qui animera la seconde. Les Game Over s’enchaînent, parfois se ressemblent, ce qui n’est pas sans rappeler un certain The Lost Levels. Pour les plus vaillants, un autre niveau sanglant rarement évoqué dans la presse spécialisée peut être débloqué en terminant tous les environnements avec Mario puis son frère, les drapeaux dorés fièrement hissés dans le ciel et toutes les pièces étoilées empochées. Autant dire que les heures se comptent en fait par dizaines, et que cette cette aventure s’impose comme la nouvelle référence en matière de jeu de plates-formes sur console portable.

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